Nafar

Mathilde CHAPUIS


Dans ce premier roman bouleversant d'émotion retenue, Mathilde Chapuis nous conduit au plus près des obsessions de tous ceux qui n'ont d'autre choix que l'exil.

Une nuit d'octobre, c'est sur la rive turque du Meriç, le fleuve-frontière qui sépare l'Orient de l'Europe, qu'une mystérieuse narratrice arrête son regard. Et plus précisément sur l'homme épuisé qui, dans les buissons de ronces, se cache des soldats chargés d'empêcher les clandestins de passer du côté grec. Car celui qui s'apprête à franchir le Meriç est un nafar : un sans-droit, un migrant. Retraçant pas à pas sa périlleuse traversée, la narratrice émaille son récit d'échappées sur cette région meurtrie par l'Histoire et sur le quotidien de tous les Syriens qui, comme l'homme à la veste bleue se préparant à plonger, cherchent coûte que coûte un avenir meilleur loin de la dictature de Bachar al-Assad. Elle est celle qui témoigne des combines et des faux départs, imagine ce qu'on lui tait, partage les doutes et les espoirs.


« Dans nafar, j'entends effort. J'entends départ, j'entends hagard et blafard, j'entends rafale et rafler, érafler. J'entends noir, j'entends Na ! et fort, j'entends naïf, phare et far west. Dans nafar, il y a le héros et l'héroïne, il y a le sacrifice et la peine, il y a la frousse et l'ardeur. C'est le souffle du vent, c'est l'élan continu. C'est aussi l'empreinte de dents serrées sur le cours de l'Histoire. C'est le prix de la lutte. »

L'avis de Christiane, bibliothécaire bénévole

Ce 1er roman nous fait découvrir avec force la tragédie du migrant, ce « nafar », et nous montre avec force que l’exil n’est pas un choix.

C’est l’épopée ou plutôt les épopées, les faux départs, les nombreuses tentatives d’un réfugié syrien, fuyant son pays en guerre et la dictature sanglante de son chef d’Etat, pour essayer de rejoindre le mirage de l’Europe.

Le roman débute par une nuit noire d’octobre, à la frontière turco-grecque. Un homme s’enfonce dans les bois, le cœur battant, le souffle court. Non loin, un fleuve gronde, attirant, dangereux. Côté turc, là où l’homme se cache, ce fleuve s’appelle Meriç ; sur l’autre rive, en Grèce, il se nomme Evros et plus loin, en Bulgarie, Maritza. Pour tous ceux qui veulent rejoindre clandestinement l’Europe, ce fleuve-frontière est le dernier obstacle avant la promesse d’une vie nouvelle. Car celui que l’on suit pas à pas dans cette traversée-épopée, son léger blouson de daim bleu pour seule cuirasse, est un « nafar » : un voyageur, en arabe classique, devenu un sans droit, un migrant dans le monde moderne. On ne connaîtra pas son nom, mais à travers le lien intime qui l’unit à la narratrice, son histoire se dessine par fragments : une jeunesse à Homs réprimée par la dictature, l’élan des printemps arabes, l’exil, les mois d’attente avant le « passage », les échecs, les rêves de paysages calmes, une maison à soi, la paix, en Suède ou ailleurs.

C’est une véritable plongée dans les ressentis de cet homme, sa peur, la faim qui le tenaille, le froid qui le paralyse, l’espoir qui le fait avancer mais aussi la résignation, et à nouveau l’espoir d’un ailleurs idéalisé.

C’est magnifiquement écrit, le texte prend de l’ampleur tout au long du livre, la tension dramatique est palpable, l’énergie du désespoir est permanente, c’est toujours dans le mouvement, c’est poétique et plein d’empathie, et même si la lecture est particulière car il y a beaucoup d’allers-retours entre les différents évènements passés présents et futurs, et que c’est parfois compliqué à suivre et qu’on peut s’y perdre facilement, il y a infiniment d’amour et d’humanité dans ce récit ;

Ce 1er roman bouleversant, tout d’émotion contenue, beau et délicat, prend un tour géopolitique et humain particulièrement d’actualité.

A lire absolument, ne serait –ce que pour découvrir l’enfer de l’exil.


Roman

Editions : Liana Levi

160 pages

Parution le 22 aout 2019


Ce qu'ils en pensent :

«Dans ce premier roman finement composé, Mathilde Chapuis ne cherche pas à faire pleurer le lecteur mais à lui trouver une place au plus juste.»Télérama


«Délicat et empreint d’humanité, Nafar nous pousse à nous identifier à celles et ceux qui fuient leurs pays.» Le Matricule des anges


«Elle nous montre avec force que l’exil n’est pas un choix.» Le Soir


«Le récit puise dans l’actualité la plus violente mais il résonne d’échos mythologiques.» L’Obs


«Ce premier roman très court concentre la peur, l’optimisme, la nostalgie, le rejet que vivent des milliers de personnes actuellement sur les routes.» Ouest France


«Plus qu’un roman sur l’exil,Nafar est une histoire d’amour et d’espoir.» Page des libraires


«Une fiction aimante, épique, complice, inquiète, qui saisit l’énergie de l’espoir, l’impatience, l’élan.» Livres Hebdo

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